Repérage – A cheval en Afrique du Sud, une aventure extrême…

Au plus près des rhinocéros…

Repérage de notre safari Big Five par Sabine et de la rando Côte Sauvage par Dorothée, de l’équipe Randocheval.

L’Afrique du Sud présente une palette d’expériences équestres variée à l’extrême : safaris à cheval dans les réserves privées du nord du pays, randonnées sur les plages sauvages de l’Océan Indien au pays des tribus Xhosas dans le sud…

Les safaris équestres sont une des émotions les plus fortes que l’on puisse vivre à cheval… Ces rencontres exceptionnelles avec la faune sauvage sont dues au talent des guides de Randocheval en Afrique du Sud, capables d’amener leurs chevaux à ce niveau de confiance, tout en étant des rangers hors pair qui connaissent parfaitement les réactions des animaux sauvages que vous serez amenés à côtoyer.

Plus au sud, ce sont les plages infinies et sauvages de l’Océan Indien qui vous tendent les bras pour des galops sans fin le long des rouleaux, entrecoupés de traversées de rivières et de villages Xhosas où vous pourrez partager les traditions de ces tribus qui sont l’autre richesse de l’Afrique du Sud.

C’est le récit de ces expériences inédites que nous vous invitons maintenant à découvrir…

 

L’avion survole depuis des heures l’immensité africaine plongée dans la nuit. Le jour se lève peu à peu alors que nous approchons de notre destination, Johannesburg en Afrique du Sud. Sous l’avion défilent les vastes espaces sauvages de l’Afrique Australe, sillonnés de quelques cours d’eau aux rives bordées d’une dense végétation. Aucune ville, et si peu de routes, aussi loin que porte le regard.

9h40, l’avion se pose et les premiers pas se font avec l’impression étrange d’être encore en train de rêver après cette nuit passée dans l’avion. L’Afrique du Sud ne connaît pas de décalage horaire avec la France, nous avons donc pris l’avion hier soir et il a suffit d’une nuit pour que nous nous réveillions sur ce qui semble être une autre planète !

Nous avons décidé de découvrir tous les aspects de l’Afrique du Sud au cours de ce voyage, ce que permet la souplesse des formules à la carte : une première semaine en safari à cheval Big Five près du célèbre Parc Kruger, et la semaine suivante au sud, pour une rando à cheval sur les plages de la Côte Sauvage de l’Océan Indien.

On the road again…

Pour boucler notre périple dans le Nord est de louer une voiture car nous voulons en profiter pour explorer certains sites touristiques au passage, mais la plupart des cavaliers prennent un vol domestique entre Johannesburg et Hoedspruit.

Nous appréhendons un peu la conduite sur les routes africaines, mais nos craintes sont vite dissipées. Les infrastructures routières sont excellentes, la signalisation très claire, et c’est une autoroute «à l’américaine » qui nous mène vers les montagnes du qui surplombent le Parc Kruger !

Même le réseau secondaire est en très bon état, avec une vitesse autorisée de 120 km/h… mais la traversée inopinée d’une famille de singes nous rappelle brusquement que nous sommes en Afrique !

Seules les dernières portions de route pour accéder aux réserves sont des pistes de terre larges et stabilisées sur lesquelles on peut rouler à 50 km/h sans véhicule tout terrain.

Les Big Five, le mythe du safari africain

Le paysage entre Johannesburg et la région du Kruger est superbe. La végétation change avec l’altitude, et nous passons des cols qui culminent à plusieurs centaines de mètres au-dessus des plaines du Kruger. Les sud-africains appellent cette faille «l’escarpement », et elle porte bien son nom !

Nous sommes silencieux, à la fois plongés dans la contemplation du paysage et, il faut l’avouer, un peu inquiets de l’aventure qui nous attend. Les Big Five désignent plusieurs siècles les cinq animaux les plus dangereux d’Afrique, dont le trophée établissait pour longtemps la réputation des chasseurs de fauves.

Nous nous les récitons intérieurement en essayant d’imaginer ce que l’on peut ressentir à les approcher du haut d’un cheval : éléphant, buffle, léopard, rhinocéros et lion…

Sécurité maximale

Dès notre arrivée, nous sommes mis «dans le bain » ! En effet, nous avons quitté Johannesburg en fin de matinée, et nous arrivons à 15h, juste à temps pour le départ du safari de l’après-midi !

A peine le temps de sauter dans nos bottes, et Philip, le guide de Randocheval, nous donne les consignes de sécurité. Les animaux sauvages ont des réactions tout à fait prévisibles lorsque l’on connaît les règles qui les gouvernent. La grande règle est de toujours rester derrière le guide, qui doit toujours se trouver entre les animaux et nous. Si un repli est nécessaire, le guide reste face à l’animal et nous faisons demi-tour sous la conduite d’un deuxième guide qui se situe toujours à l’arrière du groupe.

Alors que nous nous mettons en selle, nous nous répétons les autres règles : ne pas rester face aux animaux, ce qui peut être interprété comme un signe d’agression, mais se positionner de côté et laisser brouter son cheval, ce qui nous identifie comme herbivores… S’il faut faire demi-tour, le faire au pas et dans le calme car un départ au galop serait interprété comme une fuite qui déclencherait l’attaque…

Bien sûr, en cas d’extrême nécessité, Philip est armé mais depuis presque 20 ans qu’il guide ces safaris Big Five, il n’a jamais eu à se servir de son arme une seule fois. Nous aurons l’occasion d’admirer son sang-froid et son immense connaissance de la faune sauvage lors de notre confrontation avec les éléphants et les lions…

Philip est installé dans cette réserve depuis 1999 avec son épouse. Ils rêvaient de rendre cette terre à la vie sauvage, ils ont donc trouvé un accord avec les propriétaires des terres voisines pour détruire les barrières entre eux et ainsi étendre l’espace disponible pour la faune sauvage jusqu’à près de 10 000 hectares.

Vingt ans plus tard, le succès est au-delà de toute espérance puisque l’ensemble de la faune d’Afrique Australe est représenté dans la réserve, avec même des espèces qui se reproduisent tellement bien qu’ils ont dû déplacer certains spécimens pour repeupler d’autres réserves (éléphants, lions et lycaons en particulier).

Philip gère donc l’équilibre de l’écosystème de la réserve, il sait décrypter et suivre les traces des animaux sauvages, et saura nous expliquer leurs secrets et leurs grandes et petites histoires !

En safari

Nous sommes tout de suite surpris du rythme très soutenu de ce safari : 3 ou 4 galops rapides et très longs par demi-journée, avec gymkhana entre les arbres du bushveld et parfois arrivée fracassante au milieu d’un troupeau de gnous et d’antilopes !

Au détour d’un chemin, alors que nous venions de repérer les traces d’une troupe de lions, c’est un guépard qui croise notre route… Notre guide sait l’identifier immédiatement car les guépards font l’objet d’un programme d’étude scientifique sur la réserve. Il s’agit d’une femelle qui n’arrive pas à avoir de petits. Nous la suivons pendant une dizaine de minutes, puis Philip préfère ne pas trop la déranger en raison des traces de lions que nous venons de croiser. Si nous la poussions dans leur direction, elle ne pourrait pas se défendre face à la troupe des lionnes.

Les girafes, souvent accompagnées de petits, sont une des rencontres les plus attendrissantes de la réserve. Elles nous acceptent dans un périmètre assez rapproché sans cesser leurs occupations, et nous avons la chance de les débusquer au cours d’un de nos tous premiers galops dans la réserve !

D’autres rencontres fréquentes dans la réserve : impalas et grand koudou mâle dont les cornes ont toujours fait un trophée très recherché par les chasseurs africains. Nous préférons les admirer bien vivants dans leur environnement naturel !

Nous rencontrerons les éléphants quasiment chaque jour, l’occasion d’émotions fortes car ces pachydermes sont assez grognons et ont tendance à charger systématiquement dès que nous arrivons à moins de trente mètres…

Grâce au savoir-faire de Philip, ces situations sont gérées dans le calme et en toute sécurité, même lorsque nous tombons par surprise sur un énorme lion mâle isolé !

En effet les lions sont les seuls fauves susceptibles de considérer le cheval comme une proie, à la fois en raison de leur taille et de leur mode de chasse, en bandes alors que les guépards et les léopards sont des solitaires. Philip s’efforce donc d’éviter les lions lors de nos sorties, et il est informé par talkie walkie de la position des principales troupes par les rangers de la réserve.

Mais la brousse africaine est imprévisible, et alors que nous observions un éléphant sur la berge opposée d’une rivière, nous avons vu une énorme tête de lion se lever au-dessus des herbes de notre côté, à peine à 30 mètres de nous… Autant les rangers repèrent sans trop de peine les troupes de lionnes en chasse, autant il leur est difficile de localiser les mâles restés faire la sieste pendant que ces dames travaillent, et nous venions de tomber sur le plus gros d’entre eux !

Rassurés par le calme habituel dont font preuve Philip et ses chevaux, nous prenons même quelques photos juste avant que le lion ne se mette à bondir vers nous ! Immédiatement, Philip siffle et le lion se recouche dans les herbes à une dizaine de mètre de nous… Nous faisons demi-tour pour nous éloigner tranquillement. Philip mettra plus d’un quart d’heure à nous rejoindre ensuite, chacune de ses tentatives déclenchant une attaque du lion, qu’il contre en tapant dans ses mains et en faisant claquer le grand fouet qu’il porte toujours autour du coup. A aucun moment il n’a dégainé son fusil, se contentant de faire des bruits qui surprenaient le fauve et qui l’incitaient à casser son attaque pour reconsidérer la situation.

Il nous expliquera ensuite qu’un lion mâle isolé peut se sentir vulnérable, alors qu’une troupe de lionnes n’aurait pas arrêté son attaque si facilement, c’est pourquoi il fait en sorte de ne jamais tomber sur elles lorsqu’il est à cheval !

L’art de vivre en safari…

Des tentes de safari nous accueillent, en surplomb d’une rivière où évoluent régulièrement koudous, éléphants, et singes divers.

Une troupe de singes vervet joue d’ailleurs les voyeurs en se postant dans les branches qui surplombent douches et salles de bains !

Les tentes sont un vrai rêve d’amoureux de la nature : salle de bains grande ouverte sur le bush, lit enveloppé d’une moustiquaire pour des nuits d’un romantisme absolu en prise directe avec la vie sauvage !

Mais l’art de vivre n’est pas un vain mot en Afrique du Sud, et la tradition du célèbre sundowner est scrupuleusement respectée : au coucher du soleil, nous profitons d’un cocktail pour partager les émotions de la journée.

La Côte Sauvage de l’Océan Indien

Au galop sur les plages d’Afrique du Sud

Après les sensations fortes de safaris, nous retournons à Johannesburg pour prendre un vol intérieur vers East London, porte d’entrée de la Côte Sauvage de l’Océan Indien.

Changement complet d’ambiance, nous débarquons dans un environnement tropical, à la végétation très verte et luxuriante. Le contraste entre les plages immenses baignées d’écume et la campagne verdoyante parsemée de cottages de style anglais nous fait irrésistiblement penser à un morceau d’Irlande transplanté sous les Tropiques, mais rapidement des bosquets de palmiers sauvages nous ramènent à l’Afrique !

Les vagues de l’Océan Indien, abritant baleines et dauphins, se fracassent en rouleaux immenses sur des plages qui s’étendent à l’infini et sur lesquelles nous semblons être les premiers à poser le pied, pardon, le sabot…

Difficile de résister au plaisir de longs galops sur ces étendues complètement vierges, et nous ne nous en privons pas car notre guide, Julie-Anne, les apprécie autant que nous.

Cette randonnée sera placée sous le signe de chevauchées endiablées dans les embruns !

Au bout d’une de ces plages, nous tombons sur un témoin de la violence de l’Océan dans cette région : une épave échouée sur le sable est lentement détruite par l’érosion. Elle semble être là depuis des siècles, et pourtant le naufrage remonte à quelques dizaines d’années. D’ici peu, elle aura totalement disparu.

Notre parcours est également entrecoupé de traversées de rivières, qui sont nombreuses à se jeter dans l’Océan et qu’il faut alors traverser à gué lorsque la profondeur le permet, ou à bord d’un bac pour les cours d’eau les plus importants.

Plongée au cœur de la diversité humaine sud-africaine

Nous sommes rapidement séduits par un autre aspect de cette région : la diversité humaine qui est celle de l’Afrique du Sud toute entière. Les villages aux cottages de style anglais ou afrikaner succèdent aux villages Xhosas, tribu qui a su conserver ses traditions que nous sommes invités à expérimenter : danses, cuisine traditionnelle et même consultation du Sangoma, le médecin du corps et de l’âme… autant de contrastes qui sont l’une des caractéristiques premières de l’Afrique du Sud.

Après le défi environnemental de restitution des terres à la vie sauvage dans le nord du pays, c’est le défi humain d’une Afrique du Sud aussi multicolore que son drapeau que nous vivons maintenant.

Mais la nature reste très forte, même dans ces régions plus fortement peuplées que le nord du pays, et c’est dans une réserve que nous terminons notre randonnée. L’occasion de découvrir un écosystème très différent, beaucoup plus vert et nous permet d’approcher des zèbres, beaucoup plus rares et fuyant au nord.

Les phacochères, drôles de cochons sauvages à la tête toute cabossée, nous saluent une dernière fois de leur fuite si caractéristique qui leur a valu le titre de clown de la savane !

C’est la tête pleine d’images et le cœur plein d’émotions que nous reprenons l’avion du retour.

Difficile de retenir un moment fort, ils ont tous été si différents. Peut-être que ce qui restera dans nos cœurs sera un rattachement tout particulier pour ce pays qui a décidé de relever deux des plus grands défis qui se posent à nous : vivre en harmonie avec l’environnement, et faire en sorte que vivent en paix des populations si différentes qu’elles ont valu à l’Afrique du Sud le surnom de «nation arc-en-ciel »…

Ces défis façonnent des personnalités enthousiastes et tournées avec espoir vers l’avenir, que ce soit Philip ou Julie-Anne. Des guides qui sont devenus des amis.

  • Pour plus d’informations sur ces voyages, contactez Randocheval au 04 37 02 2000 du lundi au samedi, ou par mail à info@randocheval.com.