REPERAGE AFRIQUE DU SUD – Episode 2 – La lutte pour les rhinos du Waterberg

Retour vers l’Episode 1 – Vignobles du Cap

Repérage en Afrique du Sud fait par Sabine et Thomas de l’agence Randocheval / Absolu Voyages.

Après une première partie de voyage dans la région du Cap de Bonne -Espérance, nous reprenons l’avion pour un vol intérieur à destination de Johannesburg.

Avant de vous raconter la suite de notre voyage, je voudrais essayer de partager avec vous notre admiration pour l’action courageuse et particulièrement inspirante des guides à qui nous allons rendre visite dans le Waterberg.

Le Waterberg, réserve de Biosphère de l’Unesco

La région du Waterberg a été classée réserve de Biosphère par l’Unesco. Il s’agit d’un plateau montagneux de 400 000 hectares, resté longtemps préservé en raison de son isolement et de la pauvreté de son sol.

Nous connaissons bien cette région, c’est notre quatrième voyage ici, à chaque fois dans des réserves différentes. Nous y avons même baptisé nos enfants il y a 6 ans, le Parrain de notre fils est un de nos guides locaux.

Notre attachement pour le Waterberg est essentiellement dû à la démarche originale de protection de la faune sauvage qui s’y est développée depuis une trentaine d’années.

Avant de vous parler du safari que nous avons fait dans ces réserves, nous voudrions vous en expliquer les coulisses…

« Drop the fences » – Restaurer la vie sauvage

A la fin des années 1980, l’environnement du Waterberg était très dégradé par le surpâturage, les animaux sauvages avaient complètement disparu, et les fermes étaient laissées à l’abandon car les terres ne suffisaient pas à nourrir le bétail.

Certains fermiers alors ont eu l’idée de racheter les fermes adjacentes à la leur, de faire tomber les barrières entre elles – « drop the fences » – afin d’atteindre des surfaces de 10 à 40 000 hectares d’un seul tenant, qu’ils ont transformées en réserves de faune sauvage.

Ces surfaces ont permis de réintroduire des animaux sauvages, moyennant la création de points d’eau, et c’est ainsi que les premiers éléphants, lions, rhinocéros… ont fait leur retour sur ces terres d’où ils avaient disparus depuis près de 100 ans.

C’est un des très rares exemples au monde – si ce n’est le seul – où la vie sauvage regagne du terrain sur les zones cultivées, et ce de manière pérenne puisque ces réserves ont établi des modèles économiques viables.

Ces réserves privées se répartissent selon différents modèles économiques :

  • soit sur une offre de safaris destinés à des voyageurs voulant faire des safaris en 4×4 et voir les Big Five (éléphant, rhino, buffle, lion, léopard)
  • soit une offre de safaris multiactivités (dont le cheval) avec une réserve exempte des animaux les plus dangereux (éléphants et lions)
  • soit une activité non touristique qui se concentre sur le développement de certaines espèces d’animaux très menacées, et très recherchées par les autres réserves pour leur beauté.

Le rhinocéros blanc provisoirement sauvé par ce système innovant de réserves privées

Pour assurer une diversité génétique suffisante, les réserves se sont mises à échanger ou revendre certains de leurs animaux, donnant ainsi naissance à une valorisation des animaux sauvages qui a assuré leur protection et leur développement.

En une vingtaine d’années, la faune sauvage est passée d’une menace concurrente pour les fermiers à une source de richesse qu’il faut protéger et développer.

Le meilleur exemple de cette réussite des réserves sud-africaines dans la protection des espèces menacées est sans conteste le rhinocéros blanc.

Alors qu’il était au bord de l’extinction, son développement au sein des réserves a été tel qu’il y a 10 ans, on le considérait comme sauvé.

Les rhinocéros étaient devenus tellement nombreux qu’il est devenu possible de relocaliser des familles de rhinocéros au Botswana et au Kenya pour repeupler les grands Parcs Nationaux.

Une réussite éclatante, qui malheureusement n’a pas duré…

Nos guides engagés dans la guerre contre les braconniers

Depuis 4 ans, le braconnage s’est développé d’une manière alarmante : plus de 1000 rhinocéros sont tués chaque année, 3 par jour, pour alimenter le marché asiatique très friand de leur corne.

A ce rythme, l’espèce sera éteinte dans 10 ans ! Un terrible renversement de situation…

Les propriétaires d’une de nos réserves du Waterberg, Ant et sa femme Tessa, ont perdu en 2011 et 2012 deux de leurs femelles rhinocéros et un bébé. Le bébé de la deuxième femelle a eu la chance de s’échapper mais est resté longtemps traumatisé et fragile.

Devant la gravité de la menace des braconniers, alors que de nombreuses réserves renonçaient à avoir des rhinos face au danger et aux coûts nécessaires à leur protection, ils ont décidé de faire front.

Des patrouilles armées sont en permanence aux côtés des 10 rhinos de la réserve, jour et nuit.

Ant a également décidé de distribuer de la nourriture chaque soir aux rhinocéros à proximité immédiate de sa maison. Une distribution qui a en fait pour objectif non pas de nourrir les rhinos, mais de les faire revenir chaque soir près de lui, pour qu’ils passent la nuit regroupés à proximité de lieux habités, toujours sous la surveillance de leurs gardiens armés.

Il faut savoir que les braconniers ne reculent devant rien, et sont prêts à tuer les rangers qui protègent les rhinos.

Ant, sa femme et leurs rangers risquent donc leur vie chaque jour et chaque nuit pour protéger les rhinos de la réserve dans laquelle nous faisons ces safaris.

Nous avons été bouleversés par leur courage et leur engagement, et nous tenions à partager avec vous notre admiration pour ces personnes à l’action particulièrement inspirante.

 

 

=> Episode 3 – Une journée de safari dans la réserve de Ant !